L'histoire de la Martinique

Le Code noir est un ensemble de textes réglant la vie des esclaves noirs dans les îles françaises, en particulier l'ordonnance de soixante articles, portant statut civil et pénal, donné en mars 1685 par Louis XIV.

Cette ordonnance tranche le débat juridique sur le statut des enfants métis, considérés tantôt comme esclaves, tantôt comme hommes libres, à une époque où la condition des personnes est héréditaire. Bien que l'esclavage n'existe pas sur le sol de France, ses rédacteurs étendent aux esclaves le droit commun des coutumes du royaume selon lequel l'enfant suit la condition de son père, et, à défaut de père légitime, celle de sa mère, en particulier pour tout ce qui concerne son statut civil, sa nationalité, et le cas échéant, sa condition noble.
La femme esclave est affranchie par le mariage avec un homme libre, mais devient esclave si elle épouse un esclave, cas qui est évidemment très rare. L'ordonnance rappelle donc que l'enfant d'une esclave est forcément esclave (article 12), sauf à légitimer l'enfant par un mariage postérieur qui est encouragé comme en métropole, sans avoir d'égard pour la couleur ou la condition (article 9.).

L'ordonnance prévoit les châtiments corporels pour les esclaves (article 42), ce qui était à cette époque une pratique admise dans le statut des soldats et des domestiques. Les esclaves ont la possibilité de se plaindre auprès des juges locaux en cas d'excès ou de mauvais traitements.

Le code noir est appliqué dans les îles françaises des Antilles en 1687, en Guyane à partir de 1704, dans l'île Bourbon en 1723, en Louisiane en 1724, mais pas dans les colonies continentales de la Nouvelle France et du Canada français, où l'esclavage et le commerce des esclaves étaient interdits, comme en métropole.

Le 4 février 1794, la Convention décrétera l'abolition de l'esclavage, même sur l'île de la Réunion et l'île Maurice, où les colons refusèrent d'appliquer le décret. Mais le 17 juillet 1802, après le coup d'État de Napoléon Bonaparte, Richepanse le rétablira.

L'esclavage des Noirs ne sera définitivement aboli en France que le 4 mars 1848.
Origine du peuplement en esclaves
La nouvelle ordonnance de 1685 ne fait qu'entériner la pratique massive de l'esclavage, qui avait commencé timidement 44 ans plus tôt en Guadeloupe en 1641, avec l'importation par la Compagnie des Indes, alors propriétaire des îles, de 60 Noirs, puis en 1650, de 100 nouveaux. Mais c'est à partir de 1653-1654, avec l'arrivée dans les îles françaises, d'abord en Guadeloupe, de 50 Hollandais chassés du Brésil, qui emportent avec eux 1 200 esclaves nègres ou métisses. Ensuite, 7 ou 8 , avec des familles flamandes et un grand nombre d'esclaves s'installent en Martinique. Au premier recensement officiel fait en Martinique, en 1660, il y a 5 259 habitants, dont 2 753 Blancs, 2 644 esclaves noirs, 17 sauvages (Indiens Caraïbes) et 25 mulâtres. Moins de vingt ans après, en 1682, la population est multipliée par trois, 14 190 habitants, avec une population de Blancs qui a fait moins que doubler, tandis que celle d'esclaves noirs est passée à 9 634, et celle d'indigènes à 61.

Il existe, dans toutes les colonies, une très grande disproportion entre le nombre d'hommes et de femmes, de telle sorte que les hommes ont des enfants, soit avec des indigènes qui sont toujours libres, soit avec des esclaves. Ce n'est qu'en 1674 que les Iles d'Amérique sont rachetées à la Compagnie des Indes occidentales par Louis XIV et réunies au domaine royal. Versailles s'inquiète alors de la multiplication des statuts divers, du nombre des métis, surtout en Haïti. Les femmes blanches étant rares, et les femmes noires ayant l'espoir d'améliorer ainsi leurs sorts, la Martinique recense 314 métis en 1680 et la Guadeloupe 170, contre 350 métis à la Barbade, où les esclaves sont pourtant 8 fois plus nombreux. Entre 1680 et 1685, Versailles envoie en Martinique 250 filles blanches, et 165 à Saint-Domingue. Toutefois, le processus de créolisation reste très fort en raison de lois d'endogamie, et les filles de couleur issues du domaine sont souvent préférées aux nouvelles arrivantes.

Le Code noir (2)

Sommaire
1. Le Code noir (Part.1)
2. Le Code noir (Part.2)
3. Le Code noir (Part.3)
4. Les articles du Code noir
Source image / Source texte : Wikipédia

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